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Peine de mort. Débat parlementaire de 1981
Date de publication : 2006 | version imprimable


Débats à la Chambre des députés, 17 et 18 Septembre 1981

1ère Séance du Jeudi 17 Septembre 1981.

(Journal officiel, 18 septembre 1981, p. 1135 à 1152)

Abolition de la peine de mort.

M. le président. L’ordre du jour appelle la discussion du projet de loi portant abolition de la peine de mort (n° 310, 316).
La parole est à M. Forni, président et rapporteur de la commission des lois constitutionnelles, de la législation et de l’administration générale de la République.

M. Raymond Forni, président de la commission, rapporteur. Monsieur le président, monsieur le garde des sceaux, mesdames, messieurs, c’est un moment historique que nous vivons. C’est une page que nous allons tourner. Avec nous, la France va sortir de cette période qui l’avait mise au ban des grandes nations civilisées.
M. Pierre-Charles Krieg. Il ne faut pas exagérer, tout de même !
M. Raymond Forni, président de la commission, rapporteur. Grâce à vous, un long combat va s’achever, une longue lutte trouver son terme. Parce que aujourd’hui nous écrivons l’histoire, laissons à chacun l’occasion d’ouvrir son cœur, de laisser parler sa conscience. Chacun pourra, dans la dignité que je souhaite, réfléchir à haute voix pour, s’il en était besoin, se déterminer un peu plus ou mettre fin à ses hésitations. Chacun le pourra, et ce sera l’honneur de notre assemblée, du Parlement, de l’ensemble de ceux qui, avec vous, monsieur le garde des sceaux, écriront un nouveau chapitre dans le grand livre des mémoires de notre temps. Parce que ce débat, ce projet transcendent les clivages politiques traditionnels ...
M. Bernard Stasi. Très bien !
M. Raymond Forni, président de la commission, rapporteur. ... abolissent les frontières de la doctrine, gomment les rivages sur lesquels d’habitude campent opposition et majorité, parce qu’aujourd’hui, dans le pays, des hommes et des femmes, l’espace d’un instant, tracent de nouveaux contours aux visages politiques qu’ils rencontrent généralement, scrutent le choix de chacun et de chacune d’entre nous, la dignité est plus que jamais nécessaire. (Applaudissements sur divers bancs.)
M. Bernard Stasi. Très bien !
M. Raymond Forni, président de la commission, rapporteur. Jamais, depuis soixante-douze ans, nous n’avions tant senti cette communion dans laquelle se retrouvent abolitionnistes convaincus, hommes de générosité et de responsabilité. Jamais, parce que nous sommes aux limites du conscient et de l’inconscient, de l’absurde et de la logique, de la passion et de la sérénité, parce que deux conceptions s’affrontent, parce qu’il s’agit de la vie ou de la mort, jamais nos discussions n’auront revêtu un tel caractère exceptionnel, jamais nous n’aurons senti d’aussi près le frisson de l’histoire. Rarement nous aurons tant mesuré le poids de notre responsabilité. Et pourtant, tant de grandes voix se sont élevées ici, tant de cris admirables nous sont parvenus ! Nous avons la certitude, mes chers collègues, qu’à présent tout a été dit et qu’il nous appartient de conclure.

[...]


Pour lire l’intégralité du débat de 1981, avec un index des noms propres et des notes biographiques, ouvrir le fichier PDF ci-dessous :

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