La réalisation du site (2003-2005)
Le site portail Criminocorpus a été réalisé dans le cadre d’une Action concertée incitative CNRS « Histoire des savoirs » (appel d’offres 2003) dirigée par Marc Renneville grâce à un projet monté en partenariat avec le centre A. Koyré, le pôle Histoire des Sciences et des Techniques en Ligne du Centre de Recherches en Histoire des Sciences et des Techniques, l’École nationale d’Administration pénitentiaire, le service d’histoire de la médecine de la Bibliothèque interuniversitaire de médecine et le service des Archives contemporaines du centre d’Histoire de Sciences Po. Notre réponse initiale à l’appel d’offres est consultable sur le site du CNRS
Prenant acte du relatif éclatement des compétences dans le champ de l’histoire de la criminologie, notre projet visait à éclairer la constitution savante du domaine à la fin du XIXe siècle, à travers l’exploration d’une revue phare : les Archives de l’anthropologie criminelle. Notre hypothèse de départ était que cette revue, par sa thématique annoncée, son programme initial et sa double direction (par un médecin et un magistrat) constituait le creuset de la criminologie française, un lieu de rencontre privilégié des communautés médicales et juridiques. Il s’agissait, à partir de ce dossier, de contribuer à la construction d’un lieu fédérateur pour les recherches sur l’histoire des crimes et des peines. Ce lieu devait prendre la forme d’un site web portail, comprenant une bibliographie généraliste sur l’histoire de la justice en France et l’édition électronique de notre revue source. Ce projet a pris, au fil de nos réunions, le nom de “ criminocorpus ”. Il a été présenté lors du 23e congrès annuel de l’European Society for the History of Human Sciences (Salzburg, 20-24 juillet 2004).
En prenant les Archives d’anthropologie criminelle comme source commune, nous avons cherché à vérifier si les acteurs de la criminologie fin-de-siècle exprimaient bien, par leur propre identité, une opposition de champs professionnels sur la question du crime, du criminel et de la peine. Il s’agissait également d’apprécier la part des Archives dans l’hypothétique émergence d’une culture partagée en ce domaine. Au-delà de la rédaction de textes de synthèse inspirés par une approche thématique de la revue, notre effort de recherche s’est concentré sur ses deux principaux directeurs, Lacassagne et Tarde.
1. Exposition, conférences, catalogue et publication sur Alexandre Lacassagne
Le médecin légiste Alexandre Lacassagne a fait l’objet d’une exposition publique, initiée par Philippe Artières, qui s’est tenue du 27 janvier au 15 mai 2004, à la bibliothèque municipale de Lyon. Cette exposition visait à valoriser le fonds Lacassagne, les archives qu’il contient, mais aussi les pratiques de l’expertise criminologique : mesures anthropométriques, production de biographies, rapport d’expertises judiciaires, autopsies, police scientifique. Les Archives numérisées dans le cadre de l’ACI étaient en démonstration sur le lieu de l’exposition. Plusieurs membres de notre équipe ont participé aux conférences-débats qui accompagnaient cet événement. Nous avons également contribué à la rédaction du numéro spécial de la revue de la bibliothèque de Lyon consacré à Lacassagne.
Publications liées
Collectif, Gryphe. Revue de la Bibliothèque de Lyon, « Alexandre Lacassagne », n° 8, 2004.
P. Artières et G. Corneloup, Le médecin et le criminel. Alexandre Lacassagne 1843-1924, Bibliothèque municipale de Lyon, coll. « Traces dans la ville », 2004.
P. Artières, A fleur de peau. Médecins, tatouages et tatoués (1881-1910), Allia, 2004.
2. Classement d’archives et journée d’étude sur Gabriel Tarde
L’année 2004 a également été marquée par la célébration nationale du centenaire du décès de Gabriel Tarde. Nous nous sommes inscrits dans ce cadre pour mener à bien le classement du fonds manuscrit versé aux Archives contemporaines de la FNSP (opération effectuée par Louise Salmon, sous la direction de Dominique Parcollet). Cette nouvelle ressource archivistique nous a permis de porter un regard neuf sur l’œuvre du magistrat dans l’actualité de son temps. Nous avons organisé à cette fin la première journée du 34e congrès français de criminologie sur la criminologie de Tarde (8 septembre 2004). Les actes de cette journée ont été publiés en ligne, en juillet 2005, dans la revue électronique “ Champ pénal/Penal Field ”. Ils comprennent pour la partie historique, outre une description raisonnée du fonds manuscrit et de ses usages possibles (appliqués à la réédition du premier ouvrage de criminologie de Tarde), plusieurs analyses explorant des thématiques précises : l’enfance délinquante, les rapports entre la presse et la criminalité, l’exposition de l’affaire Chambige dans les Archives, la conception tardienne de l’histoire du droit, la place de la notion d’imitation dans sa théorie criminelle. Des liens pérennes permettent d’accéder directement à ces publications à partir de “ criminocorpus ”.
Publications liées
Collectif, « Les criminologiques de Tarde », Champ pénal/Penal fied. Accès au sommaire sur le site de la revue : http://champpenal.revues.org/sommaire95.html
G. Tarde, La criminalité comparée, Paris, Les Empêcheurs de penser en rond, 2004 (préface et postface par M. Renneville)
3. Le site Criminocorpus

Notre action s’est concentrée en 2005 sur la mise en ligne des actes du colloque Tarde et la construction du site portail. Ouvert au public le 1er décembre, le site contenait les Archives d’anthropologie criminelle, la bibliographie d’histoire de la justice et une douzaine d’articles sur la thématique de l’ACI. Sont ainsi abordés la revue et l’école qu’elle a suscitée, les hommes de la revue (le comité de rédaction, les auteurs), la politique éditoriale placée entre droit et médecine, G. Tarde, A. Lacassagne, le rapport entre les archives récoltées par Lacassagne et la revue, la question de la peine de mort (pratique judiciaire et débats), les lois Bérenger (libération conditionnelle et sursis simple), la relégation, l’anthropométrie (de la création du service d’identité judiciaire à la loi de 1912 sur le carnet anthropométrique), la naissance de la criminologie, l’anthropologie criminelle en Angleterre, la place de l’expertise médico-légale dans la criminologie anglaise, le corps criminel. La revue peut être consultée en ligne dans son intégralité sur “ Criminocorpus ” selon trois modalités : par volume annuel, par la table des matières, par recherche détaillée sur les noms d’auteurs, mots des titres d’articles ou de rubriques.
La bibliographie d’histoire de la justice (1798-2004) réalisée par Jean-Claude Farcy reprend, en la développant largement, une bibliographie élaborée grâce au financement de la Mission de recherche Droit et Justice et publiée en 1996 par CNRS Éditions (2 siècles d’histoire de la Justice en France. Notices bibliographiques). La base de données à actualiser comprenait 32 000 notices. Elle contient désormais 63 600 références portant sur les institutions et le personnel judiciaires, la procédure et les procès, la criminalité et les pénalités, la répression politique et les polices. Issue du dépouillement des ouvrages comme des articles de périodiques parus depuis 1789, elle distingue les publications des contemporains (sources) des travaux de caractère historique. Les index et rubriques disponibles dans la vue détaillée d’une notice bibliographique (et servant aux différentes recherches) sont les suivants :
Auteurs : nom et prénom (ce dernier entre parenthèses)
Année de publication : la date de parution relevée est la première dans le cas de collections ou de plusieurs éditions d’un même ouvrage. Les références non datées ont la valeur 0.
Lieux : pour les communes, le département est indiqué sous une rubrique spécifique
Personnes : le nom est suivi du prénom ou de son abréviation (entre parenthèses)
Périodiques : libellé complet du périodique, avec indication de la catégorie (historiques, juridiques...).
Notes : on trouvera sous cette rubrique trois types d’informations. Soit l’indication d’une publication de versions identiques dans un ou plusieurs autres périodiques d’un article ou d’une brochure. Soit une précision factuelle permettant d’éclairer le contenu de la référence. Cette dernière information a été souvent reprise du catalogue BN-Opale Plus de la BNF pour les factums de procès. Elle est complétée, éventuellement, par nos propres lectures, notamment quand nous rencontrions des difficultés d’identification et de classement d’une référence. Soit, enfin, la référence à une publication numérisée, disponible sur Internet, notamment sur le site Gallica de la BNF. Cette dernière information résulte d’une interrogation de Gallica par sujets et a grandement bénéficié du travail de Catherine Mocellin et Natalie Pigeard qui ont mis à notre disposition en septembre 2005 une liste d’ouvrages numérisés à la BNF et portant sur les champs relatifs à notre bibliographie.
L’équipe de l’ACI était composée de Philippe Artières, Frédéric Audren, Olivier Bosc, Ricardo Campos, Sylvie Châles-Courtine, Jean-Christophe Coffin, Jean-Claude Farcy, Neil Davie,Henri Ferreira-Lopez, Jack Garçon, Isabelle Guérineau, Martine Kaluszynski, Dominique Parcollet, Stéphane Pouyllau, Marc Renneville, Louise Salmon, Jean-Lucien Sanchez, Jean-François Vincent.
Criminocorpus en chiffres, c’est, à la date de son lancement :
63 600 références bibliographiques
23.323 pages de revue en ligne
une vingtaine d’articles produits ou référencés
L’ACI a pris fin en décembre 2005.
L’évolution du site en 2006
Depuis 2006, le site Criminocorpus est administré par le centre A. Koyré et le pôle HSTL. Il s’est enrichi de nouveaux dossiers thématiques tout en restant ouvert à de nouveaux partenariats.
L’évolution du site en 2008
Ouverture d’un Annuaire de ressources en ligne, administré par Philippe Poisson
le portail a été restructuré par l’équipe informatique pilotée par Stéphane Pouyllau (Centre A. Koyré/CRHST), pour mieux valoriser ses contenus, simplifier la navigation et offrir de nouvelles fonctionnalités (pdf, archives audio et audiovisuelles).
La liste de diffusion est désormais complétée par un blog (http://criminocorpus.hypotheses.org) géré par le CLEO.
Criminocorpus change de présentation : Le logo et la nouvelle charte graphique sont l’œuvre généreuse de Christine Herlin (graphiste) et de Chrystèle Lacène (photographe).



