Le Musée national des prisons conserve un curieux manuscrit d’une cinquantaine de feuillets illustrés et signé Guy Hanro, également orthographié Gui Hanro. Le format est de 19,5 cm par 27 cm. Les textes sont parfaitement calligraphiés et accompagnés de dessins humoristiques rehaussés de quelques couleurs. La page de titre est raturée. L’auteur a barré "souvenirs de prison" puisque le manuscrit comporte des oeuvres de sa plume, mais aussi de quelques compagnons de détention comme Robert Brasillach ou l’officier de la Légion des Volontaire Français (LVF) Demessine. L’auteur agrémente sa signature, ornée d’une araignée, de la mention "45", sous de nombreux dessins. Il évoque le sort de quelques condamnés aux travaux forcés ou à la peine de mort des premiers temps de l’Épuration. La chronique semble donc concerner les années 1944 et 1945 dans la prison de Fresnes. Catherine Prade, l’éminente conservateur du Musée de Fontainebleau, m’avait confié une copie de ce manuscrit lorsque [je travaillais sur les dessins de Ralph Soupault [4] , le caricaturiste de Je suis Partout et de Combats, l’hebdomadaire de la Milice, dessins publiés sous le pseudonyme de Rio, Fresnes, reportage d’un témoin. Le manuscrit demeura inexploité car l’identification de l’auteur est malaisée.
Jean-Claude Farcy ne mentionne pas ce témoignage dans sa Bibliographie d’histoire de la justice française (1789-2008). Bénédicte Vergez-Chaignon ne le cite pas non plus dans Vichy en prison, Les épurés à Fresnes après la Libération, publié en 2006. Les récits et pamphlets des victimes de l’Épuration sont muets sur cet auteur, sur cet hôte de la cellule 460 de Fresnes. Songer à l’emploi d’un pseudonyme dans la perspective d’une publication par un journaliste interdit de publication après guerre est une piste qui ne devait pas être négligée. D’autant qu’une page incitait fortement à des investigations dans ce milieu des journalistes sanctionnés. La vingt-cinquième du recueil est titrée : "P.P.P.P. , le Petit Parisien présent partout, in memoriam." Le poème moque la presse de la Résistance, en particulier Franc-Tireur, précise que d’ex-rédacteurs des Nouveaux Temps, le quotidien de Jean Luchaire, et du Petit-Parisien de Claude Jeantet, en sont les lecteurs clandestins avant d’en faire usage aux toilettes. En bas de la page, d’une écriture peu lisible mais distincte de la typographie des poèmes, une dédicace : "A mon chef de cabinet Jacques Fourret (ou Tourret) en toute amitié, 31 août 1945, (illisible, Jean-Marc...), ex-directeur administratif du Petit-Parisien". On pouvait donc émettre l’hypothèse que l’auteur appartenait à cet organe de presse, sans pouvoir préciser sa fonction. Ce quotidien relaya les consignes des autorités allemandes pendant toute l’Occupation, accueillant nombre de journalistes du Parti Populaire Français (PPF) de Jacques Doriot et de l’hebdomadaire Je suis partout, notamment Alain Laubreaux, Lucien Rebatet, Robert Brasillach, Georges Blond, Henri Poulain. Claude Jeantet fut le rédacteur en chef du Petit-Parisien jusqu’en 1944, en même temps qu’il était l’un des principaux actionnaires de Je suis partout. Durant les années trente, cet ancien militant de l’Action Française avait la responsabilité de la page allemande de cet hebdomadaire et, membre du PPF, écrivait aussi dans la presse militante de ce parti. Les caricatures anti-républicaines, les diatribes contre la résistance communiste et contre les valets de De Gaulle, les hommages à des miliciens ou à des policiers des Brigades spéciales, le soupçon d’antisémitisme dans deux dessins iraient dans le sens de cette hypothèse, puisque les convictions réaffirmées du caricaturiste étaient celles de cet organe de presse aux ordres des nazis. Les dessins de Hanro mettent fréquemment en scène un personnage à la calvitie avancée, vêtu d’une redingote et d’un gilet rayé. Le procédé fait songer aux autoportraits de Ralph Soupault, aisément reconnaissable parmi ses compagnons de cellule à cause de ses lunettes de myope.
Cette hypothèse s’est trouvée invalidée par un échange de correspondance avec le fils (ou le frère) de ce dessinateur, à la suite d’une première publication de cette contribution. Il a reconnu la petite araignée qui orne toutes les signatures des dessins et m’a affirmé que d’autres dessins à sa disposition comportaient également ce signe distinctif. Le style des caricatures lui était également familier. Nous n’avons pas pu nous rencontrer pour effectuer des comparaisons entre le recueil du Musée national des prisons et les oeuvres conservées dans sa famille. Cependant, il m’affirma que son père (ou son frère) avait été officier dans la Légion des volontaires français contre le bolchévisme ( LVF), son grand père étant lui-même inspecteur régional de cette organisation. Quelques dessins et poèmes en hommage à des "martyrs" de cette formation militaire de la collaboration trouveraient ainsi une explication par le compagnonnage des armes et la proximité idéologique.
André de Rose aurait été un officier de la LVF, probablement du bataillon de marche de Grufenberg. Fin février 1945, il aurait rejoint la division SS Charlemagne, aux côtés d’anciens de la Sturmbrigade, et de la Milice. Il y aurait commandé un temps la 2eme compagnie du premier bataillon du régiment 58. Des recherches généalogiques incomplètes nous incitent à penser qu’il était l’un des quatre enfants du pionnier de l’aviation de chasse française, Charles de Rose, baron de Tricornot et marquis de la Rose, né en 1876 et décédé accidentellement à bord de son avion en 1916. Cet officier de cavalerie, catholique conservateur avait refusé de participer aux inventaires de biens d’église en 1905. Il avait été brièvement emprisonné par la République et suspendu par le ministère de la guerre. André de Rose n’était pas le seul aristocrate à rejoindre les troupes françaises sous uniforme allemand. Par haine du communisme et par crainte du bolchevisme ? Nous manquons de précisons actuellement sur l’itinéraire de ce condamné pour faits de collaboration, pour intelligence avec l’ennemi et trahison.
Les récits et les images produits par les épurés exigent de recourir à des grilles de lecture car, sous l’apparence du témoignage et du reportage, ils participent d’un combat idéologique contre les vainqueurs du jour. Systématiquement, ils mettent en cause les formes de la justice pendant l’Epuration, les conditions de détention, la Résistance et principalement la résistance communiste, la République et ses valeurs. Ces écritures contraintes sont autant de plaidoyers pour une cause proscrite et tentent une réhabilitation des plus lourdement condamnés. Souvent publiés dès les débuts de la Guerre Froide, ils n’hésitent pas à assimiler les mobiles d’un engagement passé à ceux que motive la nouvelle donne Est-Ouest. Quelques-uns ne renient rien. Ils justifient leur présence aux côtés du Maréchal, leur enrôlement dans les troupes de la Milice, de la LVF ou dans les partis collaborateurs. C’est ce que nous avons montré dans l’article "Les pamphlets d’épurés incarcérés après la Libération » [5] Quelques images fortes reviennent dans toute cette production et elles ont contribué à dénigrer la justice de l’après-guerre, à véhiculer dans une partie de la mémoire nationale une "légende noire" de l’Épuration. Les dessins de Guy Hanro n’échappent pas aux lois du "genre".
Un premier ensemble de dessins présente les grandes caractéristiques de la détention politique à Fresnes. Confrontés pour la première fois de leur vie au monde de la prison, tous les épurés s’efforcent de décrire leur univers. Tous mentionnent les "aboyeurs" d’étage, les rails où cheminent les marmites de soupe, les cellules à trois détenus, les parloirs à double grille, la chapelle cellulaire, les chaînes des condamnés à mort, les neuf barreaux des croisées, mais aussi le froid, l’humidité, la faim, les colis dépecés par les gardiens et la proximité humiliante. Chacune de ces images devient un topos de la production des épurés et va étayer une part de la contre-culture de ces exclus qui continueront de se fréquenter durant les années cinquante, se recevant et commentant les articles des journalistes de Rivarol. Il ne s’agit pas de contester la réalité de ce que fut cette détention quelque peu désordonnée dans une prison théoriquement cellulaire. Fresnes n’est plus "la prison quatre étoiles" moquée lors de son ouverture en 1898. Les prévenus politiques ont envahi plusieurs divisions et le "navire immobile" bruisse des appels aux parloirs, aux avocats, aux jugements, sans cesse parcouru d’auxiliaires, de détenus en transfert et de gardiens.
Dans une première partie intitulée "poèmes", l’auteur invite à une découverte de la prison, commençant par le transfert depuis le Dépôt de la Préfecture de police, les formalités d’écrou, le passage à l’anthropométrie, le placement en cellule d’attente avant le transfert dans la première ou la troisième division : "Ce stage terminé, à la suite d’un sbire/ Vous longez le couloir qui mène aux divisions / Une, deux, puis trois ! Vous faites l’excursion / Quatre étages de haut, profond, comme un navire." Cette comparaison revient dans de nombreux textes. Les détenus ont été impressionnés par cette construction vaste et haute, due à l’architecte Henri Poussin. Louis Truc, dans sa Ballade de la geôle de Fresnes, publiée à compte d’auteur dès 1945, écrivait : "Fastidieuses parallèles, / Tuiles ocres sur murs de nuit,/ Bâtises mornes et jumelles, Fresnes ruisselle l’ennui / de ces barres sempiternelles ! / Vingt-huit fenêtres par étage / Font cent douze fois neuf barreaux ! Quel architecte fou de rage / A pu, dans ses calmes bureaux, / dresser les plans de cette cage ?" [6] Le dessin reproduit ci-dessus insiste sur un aspect des coursives de Fresnes : la présence de détenus responsables d’étages, transmettant les ordres d’extractions, auxiliaires administratifs des gardiens en trop faible nombre. Les poèmes évoquent ensuite l’univers plus privatif des cellules, peuplées de trois détenus, dont deux allongés la nuit sur des paillasses, au plus fort des arrestations fin 1944 et en 1945 : "Mais comment faire à trois pour une seule couche / Deux amis s’étendront par terre dès le soir / Deux paillasses seront office de dortoir / Vite on prend l’habitude, on dort comme une souche.".
La prison hygiénique et cellulaire s’est gravement détériorée depuis son inauguration à la fin du siècle précédent. Son "grand Quartier" est devenu "quartier allemand" pendant l’Occupation. L’isolement cellulaire préconisé par la loi de 1875 pour les prévenus et les courtes peines ne peut être appliqué. Il fut rappelé lors de la rédaction des quatorze points, des quatorze principes de la réforme pénitentiaire en 1945, mais resta lettre morte tant les prisonniers étaient nombreux. Les prisonniers souffrent du froid, les murs suintent, des croûtes de salpêtre se détachent, les rations alimentaires sont insuffisantes et seuls les colis des familles peuvent améliorer l’ordinaire. Toutes sortes de trafics entre détenus et avec les gardiens sont organisés. Yoyos et camionnettes rompent la solitude et acheminent le tabac et la presse. Par craintes des évasions les gardiens fouillent les colis. C’est à l’origine de petits drames lorsque tous les vivres sont gâchés ou mélangés.

- Guy Hanro, à travers l’Épuration (page17)(Musée national des prisons)
- "Allo deux cent vingt neuf ! Filez la camionette / La voix venant d’en bas, vient jusqu’à nos barreaux /Nous allons recevoir ainsi quelques journaux /Ou contre trois mégots changer des allumettes"

- Guy Hanro, à travers l’Épuration, page 19 (Musée national des prisons)
- "Heureux le prisonnier, celui dont la famille / Lui peut chaque semaine, apporter un colis / Pendant trois jours sur sept, autres jours abolis/ Avec ses trois kilos, sa faim sera tranquille"
Quelques traits spécifiques à la prison de Fresnes ont profondément marqué les détenus de la collaboration : les marmites bruyantes acheminées sur des rails tout au long des coursives par des auxiliaires, les parloirs à doubles grilles qui isolent les visiteurs des prisonniers, la chapelle et son dispositif de boîtes cellulaires où normalement les détenus auraient dû être isolés les uns des autres : "Un gardien nous culbute en nos noires cellules / Nous sommes, deux par deux, entassés, compressés / Nous sommes bien cinq cents, dont l’esprit étonné / Attend de voir son Dieu par des trous ridicules"

- Guy Hanro, à travers l’Épuration (page 14) (Musée national des prisons)
- Guy Hanro, A travers l’Epuration (page 14) (Musée national des prisons)
La chronique de Guy Hanro n’est pas qu’une aimable pochade pour raviver les souvenirs de compagnons aux jours de la liberté retrouvée. Plusieurs vignettes et quelques textes stigmatisent les nouvelles autorités. L’auteur s’en prend d’abord à la justice politique. L’article 75 du Code pénal qui sanctionnait "l’intelligence avec l’ennemi" a droit à une chanson sur l’air de Lily Marlène. Philippe de Saint-Germain lui consacra tout un ouvrage en 1951, au plus fort des campagnes pour l’amnistie des collaborateurs.
Les épurés se récrient devant ces accusations de trahison qui jettent l’opprobre sur la nature de leur engagement. Ils dénoncent les pièces fabriquées, les calomnies, s’émeuvent de la sincérité de jeunes combattants qui n’ont pas choisi le bon camp, protestent de la sincérité du plus grand nombre. Guy Hanro écrit : "Quel est donc notre crime ? un délit politique / Que ce délit soit faux ou même véridique / Dans l’un et l’autre cas, on veut nous renier." Il se moque des magistrats des Cours de justice. Ils sont le "tribunal’s girl" dansant autour d’une marmite appelée justice ou encore le "tribunal’s circus" prononçant de manière aléatoire les sanctions. Une liberté aveugle et enchaînée actionne la grande roue des condamnations. Les plateaux de la balance de la justice, de part et d’autre d’un glaive émoussé, sont déséquilibrés par l’argent de la prévarication. L’épuration comme une loterie, comme une partie à pile ou face.
Les juges ne sont que les fonctionnaires d’un nouveau régime. La République, quatrième de son nom, est, elle aussi, caricaturée. Elle est peinte sous les traits d’une vieille Marianne à bonnet phrygien, avachie, les seins tombants, le nez rouge et un tatouage sur le bras, un bas résille filé pour compléter le tout. La devise républicaine ne subit pas un meilleur sort. La liberté est illustrée par un bagnard encellulé, à vêtement rayé comme il se doit, fers aux bras et aux pieds. La fraternité, c’est un pugilat. L’égalité, un mendiant et un homme d’affaire capitaliste. La représentation de ce dernier, haut de forme et habit, panse rebondie sous un gilet orné de décorations et chaîne de montre, n’est pas sans faire penser aux caricatures antisémites de Ralph Soupault dans Je suis partout. Comme sous le trait du dessinateur PPF, figurant l’allégorie du Juif, l’homme est ici assez volumineux, de larges bajoues de part et d’autre d’un nez crochu. La supposée richesse juive semble encore inspirer le dessinateur. Une autre allégorie de la liberté, celle de Bartholdi, est présentée enchaînée. Elle n’éclaire plus le monde, mais la prison de Fresnes. Une petite Marianne au corps déformé allaite un chat.
La Résistance, et plus précisément la résistance communiste, fait aussi l’objet de quelques piques. Au détour d’un vers, il est question des "sales cocos". Les FFI sont présentés comme des brutes avinées, de mauvais garçons peu avares de coups de matraque et lourdement armés. Le thème des résistants de la dernière heure, des brassards FFI distribués au hasard, des combattants "qui flanquent des gnons" et "crêpent le chignon des femmes" contribuent à la confection du thème que théorisera l’abbé Desgranges, le résistancialisme, et à sous entendre qu’une terreur rouge aurait fait des milliers de victimes dans les premiers temps de la Libération.
Guy Hanro reproduit à la fin de son recueil des poèmes de condamnés à mort. On sait que le poème "les bijoux" de Robert Brasillach a circulé dans les détentions, peu après son exécution. Tous les ouvrages des épurés rendent hommage aux pensionnaires enchaînés et affublés de pantalons mexicains du "quartier des fauves" de la prison de Fresnes. C’est le martyrologue de l’Épuration et Guy Hanro y participe, figurant à plusieurs reprises ces prisonniers enchaînés. Il conviendrait de mesurer l’impact, dans cette oeuvre mais aussi dans d’autres témoignages, dans les récits comme dans les images, de la représentation des chaînes. Elles entravent les victimes de l’article 75, selon Philippe Saint-Germain, elles résonnent lugubrement dans les couloirs déserts lors de certaines aubes fatales. Plusieurs ouvrages consacrés à Henri Béraud insistent, dans leur titre même, sur ces chaînes qu’il dut porter quelques jours après sa condamnation à mort. Nous signalions la salissure que représentaient les condamnations pour trahison. Les fers, les entraves en sont la traduction concrète. Les épurés rejoignent une ancestrale tradition libérale d’exigence d’un statut de détenu politique, préservant la dignité des vaincus du jour. Ils ne citent pas Magalon qui, sous la Restauration, protestait d’avoir été enchaîné à un galérien galeux lors de son transfert dans la maison centrale de Poissy. Le sort d’Henry Béraud, acheminé lui aussi à Poissy au milieu de détenus de droit commun dont des prévôts qui y exerçaient une certaine autorité, fut hissé au rang d’inconvenance suprême du nouveau pouvoir par les nostalgiques de l’ancien régime. Les chaînes, mais aussi les pantalons mexicains, avec des boutons sur le côté. Ils devaient permettre de conserver les entraves pendant le sommeil de la nuit, alors que le détenu devait remettre ses vêtements aux gardiens et les placer hors de la cellule. Le ridicule du vêtement est lui aussi tourné en dérision.
Guy Hanro cite plusieurs noms de condamnés à mort et reproduits leurs textes. Brasillach, fusillé le 6 février 1945, conclut le recueil avec trois poèmes : "A André Chénier", "Noël en taule" et "Les bijoux". Avant lui, il est fait mention de R. Simonnet, condamné à mort le premier juin 1945. Le commandant A. Demessine de la LVF a écrit un texte, dédié à Robert Brasillach, "Dernier poème de la vie". Il sera exécuté le 15 mars 1945 et il séjourna dans la même cellule 77 de la première division que Brasillach. Le poème est illustré d’un unique écusson tricolore, avec la mention France, ce que portaient sur le bras de leur uniforme allemand les légionnaires de cette organisation politico-militaire engagée sur le front russe. Cet écusson orna l’uniforme de l’auteur et Demessine fut l’un de ses chefs sur le front russe.
Un long poème en argot semble avoir été signé par Fernand David. Ce commissaire de police, fusillé le 5 mai 1945, avait mené la traque aux résistants communistes à la tête de l’une des Brigades spéciales de la Préfecture de police.
Le recueil de Guy Hanro n’a pas grande valeur, intrinsèquement. Il n’apporte guère d’informations nouvelles sur la prison de Fresnes des épurés. Il montre cependant comment certaines images ont acquis une force, une dimension qui va perdurer bien au-delà des années quarante, ont influencé quelques historiens et une part de l’opinion. Il contribue à l’édification d’une légende noire, ne dissimulant pas ses préférences politiques. Elles ont été oubliées par quelques auteurs qui n’ont retenu que l’imagerie négative au point de confondre la subjectivité d’un témoin, et même d’une victime, avec l’histoire.
[1] ]Jean-Claude Vimont, "[Le caricaturiste enfermé. L’Histoire de la Justice en France et les représentations iconographiques-" dans Pascal Dupuy ( dir.), Histoire, images et imaginaire, Pise, 2002. Jean-Claude Vimont, " Images ambiguës d’un navire immobile : la prison de Fresnes des épurés", Sociétés et représentations, 2004, n°18, p. 217-231.
[2] Jean-Claude Vimont, "Les pamphlets d’épurés incarcérés après la Libération » dans Michel Biard (dir.), Combattre, tolérer ou justifier ? Ecrivains et journalistes face à la violence d’Etat (XVIe-XXe siècle), Rouen, Presses universiatires de Rouen et du Havre (PURH), Cahiers du Grhis, 2009, p. 145-174.
[3] Louis Truc, Ballade de la geôle de Fresnes, Paris, Le Troll, 1964, p. 23.
[4] ]Jean-Claude Vimont, "[Le caricaturiste enfermé. L’Histoire de la Justice en France et les représentations iconographiques-" dans Pascal Dupuy ( dir.), Histoire, images et imaginaire, Pise, 2002. Jean-Claude Vimont, " Images ambiguës d’un navire immobile : la prison de Fresnes des épurés", Sociétés et représentations, 2004, n°18, p. 217-231.
[5] Jean-Claude Vimont, "Les pamphlets d’épurés incarcérés après la Libération » dans Michel Biard (dir.), Combattre, tolérer ou justifier ? Ecrivains et journalistes face à la violence d’Etat (XVIe-XXe siècle), Rouen, Presses universiatires de Rouen et du Havre (PURH), Cahiers du Grhis, 2009, p. 145-174.
[6] Louis Truc, Ballade de la geôle de Fresnes, Paris, Le Troll, 1964, p. 23.













